Micro-entreprise et impôt : abattement ou versement libératoire
Barème classique avec abattement ou versement libératoire à taux fixe ? On compare les deux modes d'imposition de la micro-entreprise pour vous aider à choisir.
Sommaire
En micro-entreprise, deux façons d'être imposé sur vos revenus coexistent : le régime classique avec abattement forfaitaire, et le versement libératoire à taux fixe. Bien choisir peut représenter une vraie différence sur votre feuille d'impôt. Voici comment fonctionne chacun en 2026. Le cadre officiel est détaillé sur impots.gouv.fr.
Le principe : un revenu après abattement
Le micro-entrepreneur ne déduit pas ses charges réelles. L'administration applique à votre chiffre d'affaires un abattement forfaitaire censé représenter vos dépenses, puis impose le reste. Cet abattement dépend de votre activité :
- 71 % pour la vente de marchandises et la fourniture de logement
- 50 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC)
- 34 % pour les professions libérales (BNC)
Un abattement minimum
L'abattement ne peut être inférieur à un montant plancher annuel. Ce mécanisme protège les très petits CA. Confirmez le montant en vigueur pour 2026 sur impots.gouv.fr.
Option 1 : le barème progressif classique
Par défaut, votre revenu après abattement est ajouté à ceux de votre foyer et imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Vous payez selon votre tranche : si votre foyer est peu imposé, l'addition peut être faible, voire nulle.
Option 2 : le versement libératoire
Avec le versement libératoire, vous payez votre impôt en même temps que vos cotisations URSSAF, sous forme d'un pourcentage fixe du CA :
- 1 % pour la vente de marchandises (BIC)
- 1,7 % pour les prestations de services (BIC)
- 2,2 % pour les activités libérales (BNC)
Une condition de revenu fiscal de référence
Le versement libératoire n'est ouvert que si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas un certain plafond (par part de quotient familial). Ce plafond évolue : vérifiez votre éligibilité sur impots.gouv.fr avant d'opter.
Lequel choisir ?
- Le versement libératoire est souvent avantageux si vous êtes imposable : vous payez un taux fixe modéré plutôt que votre tranche marginale
- Le barème classique est préférable si votre foyer est peu ou pas imposable : vous risqueriez de payer 1 à 2,2 % de CA en pure perte avec le libératoire
- Refaites le calcul chaque année : un changement de situation familiale ou de revenus peut inverser le verdict
Conseil
Dans tous les cas, votre CA doit être reporté sur la déclaration de revenus (formulaire 2042-C-PRO), même avec le versement libératoire. Il sert alors au calcul du revenu fiscal de référence.
Suivez votre chiffre d’affaires et anticipez votre imposition tout au long de l’année.
Voir le module URSSAF & TVASources officielles
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’abattement forfaitaire en micro-entreprise ?
C'est un pourcentage retranché de votre chiffre d'affaires (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité) censé représenter vos charges, puisque vous ne déduisez pas vos dépenses réelles. L'impôt est calculé sur le revenu restant après cet abattement.
Le versement libératoire est-il toujours avantageux ?
Non. Il l'est surtout si vous êtes imposable, car vous payez un taux fixe modéré au lieu de votre tranche marginale. Si votre foyer n'est pas imposable, il vous ferait payer 1 à 2,2 % de votre CA sans nécessité : le barème classique est alors préférable.
Qui peut opter pour le versement libératoire ?
Les micro-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas un plafond fixé par part de quotient familial. Ce plafond évolue chaque année : vérifiez votre éligibilité sur impots.gouv.fr.
Dois-je déclarer mon CA aux impôts même avec le versement libératoire ?
Oui. Même si l'impôt est déjà payé via le versement libératoire, vous reportez votre chiffre d'affaires sur la déclaration de revenus annuelle (2042-C-PRO). Il sert notamment au calcul de votre revenu fiscal de référence.
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